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Depuis 20 ans, le commerce mondial des céréales a doublé, tiré par la demande alimentaire et animale, mais surtout poussé par l’émergence de nouvelles puissances agricoles.

Le Brésil y joue un grand rôle. Connu pour sa place de n°1 dans le sucre mondial et désormais dans le soja, la réputation de ce grand exportateur est plus discrète sur le marché du maïs. Et pourtant, le pays se hisse désormais à la deuxième place derrière les Etats-Unis sur le podium des grands exportateurs de maïs. On doit au maïs brésilien près du tiers de l’augmentation des échanges de maïs dans le monde depuis 10 ans.

Un climat tropical majoritaire qui permet deux cultures par an, voici la force de l’Agriculture brésilienne. Mais c’est aussi une faiblesse pour le maïs, cultivé en dérobé. Ses rendements sont très hétérogènes et les exportations du Brésil sont irrégulières, de quoi inquiéter le marché mondial, surtout lors d’années tendues.

Quand la petite récolte devient la plus grande !

Le maïs est une culture historique du Brésil, bien plus ancienne que le soja. Dans les années 70, il s’en cultivait déjà 10 Mha. Et jusqu’à la fin des années 90, la sole de maïs Brésilienne était supérieure à la sole de soja.

Semée au printemps (octobre-novembre pour le Brésil) et récolte en fin d’été (février-mars), cette récolte traditionnelle est appelée la Safra en Portugais. Elle est destinée à l’alimentation animale.

Tout a changé depuis 20 ans et l’explosion de la culture du soja. La zone de culture brésilienne s’est étendue de plus en plus vers le centre du pays dans la savane tropicale. Etat Pionnier en lisière de la forêt amazonienne, le Mato-Grosso est devenu l’eldorado du soja.

Mais pas seulement : des terres toutes neuves, un climat tropical, un équipement agricole déjà présent pour le soja. Les ingrédients sont réunis pour booster la pratique de la Safrinha.

Cette deuxième récolte de maïs dans l’année, cultivée en dérobée est appelée « petite récolte » en Portugais. Confidentielle jusqu’en 2000, la Safrinha connaît depuis 20 ans une croissance exponentielle dans le sillage de la mise en culture des terres pour le soja. Au point qu’aujourd’hui la deuxième récolte de maïs brésilienne représente plus de 70% de la production de maïs du pays.

production de maïs au brésil

Une culture à fort risque climatique

double récolte

Semée directement au lendemain de la moisson du soja entre fin janvier et début mars, la Safrinha de maïs se récolte entre fin juin et début août.

Mais faire pousser cette culture à contre-saison et en moins de 5 mois est un réel challenge.

Au Mato-Grosso, c’est la saison sèche qui pose problème. Passé début mai, il ne pleut plus pendant 4 mois. Autant dire que les maïs ont intérêt à avoir passé leur phase de floraison et de fécondation avant cette date. Sinon c’est une lourde perte de rendement assuré. D’où cette course contre la montre pour semer le plus tôt possible.

Plus au sud, dans le Mato-Grosso Do Sul et au Parana, c’est le gel le souci. Les températures négatives peuvent arriver dès le 10 juin ; Sur des maïs immatures, la sentence est bien souvent irrévocable.

Le risque lié au sec ou au froid dans ces 3 états qui concentrent 75% de la production conduit à de fortes amplitudes de rendements. Parmi tous les grands exportateurs (USA, Brésil, Ukraine, Argentine), c’est bien au Brésil que le maïs connaît les plus fortes amplitudes de rendement.

Aux Etats-Unis, -5 à -10% de rendement par rapport à la tendance et l’on parle déjà d’une très mauvaise récolte. Au Brésil les mauvaises années pour la Safrinha accusent des pertes de -20 à -40% du rendement tendanciel.

la safrinha de maïs est une culture à haut risque climatique

Un marché mondial très dépendant de la Safrinha

Les exportations de maïs au Brésil ne concernent que 40 à 45% de la deuxième récolte. Le reste ainsi que la première récolte sont consommés sur le marché domestique. Voilà pourquoi le Brésil n’est présent sur le marché mondial qu’à partir de juillet et en disparaît dès février.

De juillet à octobre, le marché mondial du maïs est d’ailleurs très majoritairement alimenté par le Brésil. Cela tombe bien en relai des Etats-Unis et de l’Ukraine qui arrivent en fin de campagne.

Mais quid des années où le rendement de la Safrinha décroche ?

C’est arrivé 2 fois sur les 8 dernières années.

En 2018, la Safrinha perd 17% de rendement. Les exportations de maïs brésiliennes chutent de 7,5 Mt.

En 2016, la Safrinha perd 35% de rendement. Les exportations de maïs brésiliennes chutent de 20,5 Mt.

Jusqu’alors, et à chaque fois, les Etats-Unis ont répondu présents en puisant dans leurs stocks de maïs pour alimenter davantage le marché mondial.

Mais les choses ont changé. Les stocks américains sont de plus en plus tendus. Le marché mondial n’a plus aucune marge de manœuvre.

Voilà pourquoi les regards sont braqués sur le Brésil de mai à juillet.

exportations de maïs au Brésil (Mt) entre 2012 et 2020

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