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Le plus haut arrive rarement à la fin de la campagne. Ainsi, 10 des 15 dernières campagnes ont connu une baisse des cours du blé sur la période allant du 15 février au 15 avril. Connaître cette statistique est essentiel pour bien gérer ses ventes sur la fin de campagne. Pourquoi une telle saisonnalité ? Quels sont les éléments à surveiller ? Voici nos réponses pour bien vendre son blé en fin d’hiver.

Se focaliser sur l’ancienne campagne : la fausse bonne idée !

Dans les années lourdes, les rebonds sont réduits

Lorsque les disponibilités sont très importantes, cela signifie que les stocks sont là pour calmer toutes les ardeurs haussières du marché. Il y a toujours de la marchandise qui ressort d’ici où là pour calmer les hausses qui ne sont bien souvent que de faible ampleur et éphémères.

Pire encore, c’est souvent lorsqu’arrive la 2ème partie de campagne que l’on fait le bilan. Si les exportations sont insuffisantes et que les prévisions de stocks s’accroissent de manière colossale, les cours tendent à s’affaisser pour permettre au marché de trouver davantage de demande.  

Dans les années tendues, l’ancienne campagne compte de moins en moins en fin d’hiver

Lorsque les disponibilités sont réduites, le marché doit rationner la demande. C’est ce qu’il se passe à travers la hausse des prix. Les prix ne montent pas jusqu’au dernier jour de la campagne.

Voici plusieurs raisons expliquant pourquoi la hausse s’arrête avant :

Il n’y a plus de surprises sur les récoltes ou sur l’export

En fin d’hiver, la récolte des blés de l’hémisphère sud est largement terminée. Les volumes de maïs sont connus depuis l’automne. Et la campagne export est largement avancée dans l’hémisphère nord. On en connaît d’ores et déjà la trajectoire et on sait dire si l’année aura été bonne à l’export ou pas. L’influence de l’ancienne campagne diminue donc progressivement. Les informations y sont généralement bien connues et déjà intégrées dans les prix. Il n’y pas plus de surprise à venir de ce côté-là !

Des couvertures faites à l’avance

Lorsque vous êtes industriel vous ne pouvez pas vous permettre la pénurie de matière première. Il est donc trop dangereux d’attendre le dernier moment pour acheter. Les couvertures sont ainsi réalisées plusieurs mois à l’avances. En Janvier-Février les acheteurs ont ainsi pratiquement couverts tous leurs besoins sur la fin de campagne.

Une consommation qui se rationne

Lorsque le cours d’une matière première est trop élevé, la vente du produit fini ralentie. Les consommateurs font plus attention et réduisent leurs achats. Si le prix du blé et donc le prix du pain flambe dans les pays les plus pauvres, les achats ralentissent.

Des substitutions se mettent en place

C’est surtout le cas en alimentation du bétail où les céréales sont substituables. Un blé trop cher et c’est tout de suite d’importants volumes d’orges et de maïs qui le remplace s’ils sont disponibles et moins cher. Lorsque l’on sait que 30% du blé est utilisé en alimentation du bétail çà réduit vite la demande.

L’importation soulage les tensions

Lorsque la pénurie est localisée et non mondialisée, le recours aux importations permet rapidement de combler le manque et de calmer les hausses de prix.

La demande se reporte vers la nouvelle campagne

Lorsqu’une campagne est très tendue, les cours de la nouvelle campagne sont généralement beaucoup moins chers. On dit que le marché est en « déport » ou en « inverse ». Cette forte décote de la prochaine campagne incite souvent les consommateurs ou les pays importateurs à ne pas acheter les besoins des derniers mois de campagne et à puiser au maximum dans leurs stocks. Ils achètent les volumes nécessaires sur le début de la nouvelle campagne pour beaucoup moins cher.

La spéculation change de « terrain de jeu »

Les opérateurs financiers qui vont venir spéculer sur le manque de marchandise sont dans l’anticipation. Ils achètent le plus tôt possible dès lors que les mauvaises productions sont anticipées et estimées. Une fois ces achats réalisés, leur impact haussier sur le marché est minimisé. Et au contraire à tout moment ils peuvent se mettre à revendre et à provoquer des chutes brutales des cours alors qu’il n’y a pas beaucoup de marchandise disponible.

C’est la nouvelle campagne qu’il faut suivre mais avec patience….

Nous voilà mi-mars ! Période où l’hiver n’est pas totalement fini et où ne printemps n’a pas encore franchement débuté. Comme pour le climat, sur le marché des grains c’est une période de transition. L’ancienne campagne n’est pas tout à fait terminée et la nouvelle campagne n’est pas pleinement lancée.

Mais c’est bien elle qui va avoir le plus d’influence. Car pour relancer le marché à la hausse, il faut des inquiétudes sur la nouvelle campagne.

Sauf qu’en sortie d’hiver, au mois de mars notamment il n’y a généralement pas trop de surprises sur les cultures. Les surfaces emblavées sont connues. Les conditions de l’hiver sont passées et le blé n’est pas à une période extrêmement critique d’un point de vue climatique.

Il faudra attendre mai-juin pour que les prévisions de production prennent réellement de l’importance dans le marché. Jusqu’à l’obsession. Surtout lorsque la météo est capricieuse et que débute le « weather market ».

N’oubliez pas que c’est le risque qui rémunère. Pas de risque sur les cultures, pas de prime de risque dans les cours.

Voilà pourquoi pour vendre son blé au bon moment, il ne faut généralement pas attendre la fin de l’hiver.

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Photo by Ben White on Unsplash

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